Ce troisième numéro d’HISTARC (Revue gabonaise d’histoire et d’archéologie) intervient dans un contexte de mutations institutionnelles particulièrement intense et prégnant. Le Département d’Histoire et Archéologie de l’Institut de recherche en sciences humaines (IRSH) se transforme en Centre d’Études des Sociétés Anciennes et Contemporaines (CESAC). Au-delà de l’aspect administratif, cette réforme insiste sur la connotation scientifique des unités de rattachement des chercheurs et des laboratoires. Elle élargit leurs champs d’action en transcendant les limites des disciplines classiques que sont l’histoire et l’archéologie. Le CESAC acte ainsi l’exigence d’une collaboration et d’une mobilisation permanente des compétences aussi bien d’historiens et d’archéologues que de spécialistes d’autres sciences humaines et sociales.
S’agissant proprement d’HISTARC, cette ouverture se traduit par une réaffirmation de sa spécialisation, qui demeure disciplinaire et annuelle, tout en se conformant aux normes scientifiques, typographiques et de référencement du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur), adoptées par le CTS/LSH le 17 juillet 2016 à Bamako (NORCAMES/LSH), lors de la 38e session des Comités Consultatifs Interafricains (CCI). Hormis la dimension purement formelle, il s’agit pour HISTARC de se doter d’outils qui lui permettront d’atteindre ses objectifs en tant que cadre de référence pour l’évaluation et la vulgarisation des savoirs en histoire et en archéologie.
Neuf articles forment l’ossature de ce numéro. Ils portent respectivement sur l’archéologie, à travers « Le Lupembien de référence du Gabon ». On y décèle aussi un volet africaniste par le biais des analyses sur « les pratiques esclavagistes dans l’empire Kong du XVIIIe au XIXe siècles » et de certains pans des politiques publiques coloniales en Afrique, comme « la féminisation de l’action sanitaire au Gabon » et « le projet d’électrification par énergie thermique en Côte d’Ivoire ». Les études sur les impacts de la coopération japonaise en Afrique, les interactions de la mondialisation sur la souveraineté des États du Sud et les réticences de la République de São Tomé-et-Príncipe face à l’intégration sous-régionale en Afrique centrale participent, quant à elles, d’un cachet internationaliste. On y retrouve enfin un accent contemporaniste qui observe le processus d’intercommunalité dans la région de Saint-Étienne en France, explicite les raisons et les conséquences de la dégradation du réseau routier ivoirien du début des années 1980 à la fin des années 1990 et compare la crise de l’État-nation en faisant le parallèle entre l’Espagne au XIXe siècle et le Gabon au XXIe siècle.
Pr Alexis Mengue M’OYE
Directeur de publication